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   Chapitre 6 : Partie 29 : Le mystère du château des Ombres

 

 

   En Ombrie, la reine Zylnyel avait permis au jeune Cédric de pouvoir communiquer avec les Ombres. Un matin, au terme d'une lourde séance de sorcellerie de laquelle le frère de Bertrand était sorti très éprouvé, zylnyel pria les deux soeurs du jeune homme de le reconduire dans sa chambre et prendre soin de lui pendant un jour entier. La jeune femme avait concocté un breuvage qu'elle avait remis à Alienor en lui disant :

 

   - Prends ceci et donnes-en une gorgée à ton frère au moins quatre fois au cours de cette journée. Dès ce soir tous ses maux de tête auront disparus.

 

   De temps à autre, Cédric sombrait dans un sommeil agité, s'éveillant en sursaut à différentes reprises, le corps couvert de transpiration. Plusieurs fois, la jeune Aliénor dû essuyer le visage ainsi que le haut du corps de son frère.

 

   - Je me demande ce que cette sorcière a bien pu faire à notre frère, disait la jeune fille. Depuis quelque temps il semble avoir été envoûté par elle et il la regarde toujours comme s'il en était tombé amoureux.

 

   - J'en aurai le coeur net tout-à-l'heure, répondit la jeune Gwendolyn, il faudra qu'il nous donne la réponse à cette question !

 

   En fin d'après-midi, Cédric, se sentant nettement mieux s'assit sur le lit et se mit à converser avec Lothaire et ses soeurs.

 

   - Pourquoi as-tu accepté de devenir le chef de son armée, demanda ce dernier à Cédric, ne vois-tu donc pas qu'elle te manipule ?

 

   Et Gwendolyn de poursuivre :

 

   - Pourquoi la regardes-tu toujours avec autant d'admiration ? On dirait que tu te plais ici ?

 

   - Oui, ajouta Alienor, tu es l'aîné de nous quatre, et je voudrais savoir si oui ou non tu as l'intention de nous faire sortir d'ici ?!

 

   Cédric porta la main à son front en suppliant :

 

   - Oh oh, un peu de calme je vous prie ! Que croyez-vous donc ? Vous pensez sans doute que je supporte tout ceci par plaisir ? Je sais où son mes responsabilités envers vous et vous me faites de la peine en pensant que je ne m'intéresse pas à vous !

 

   - Oui, répondit la jeune Gwendolyn, mais nous avons néanmoins remarqué que Zylnyel te faisait souvent des yeux doux et que tu lui répondait par le larges sourires... En serais-tu tombé amoureux ?

 

   - Voyons, petite soeur, répondit le jeune homme, ne comprends-tu pas que tout ceci fait partie d'un plan auquel je pense sans cesse depuis que nous avons été amenés ici ? 

 

   Curieux, Lothaire demanda :

 

   - Un plan ? A quel plan fais-tu allusion  Cédric, comment comptes-tu nous faire quitter ce château ?

 

   - Maintenant que je suis le commandant des Ombres, j'ai le droit de sortir du château pour effectuer l'une ou l'autre mission et cela pourrait nous aider à trouver une solution, répondit le jeune homme.

 

   - Toi oui, tu peux sortir, mais pas nous, ajouta Alienor. J'ai peur que nous ne puissions jamais quitter ce maudit endroit !

 

   Malgré les quelques mots de réconforts prodigués par Cédric et Lothaire, les deux jeunes filles se mirent à pleurer.

 

   - Voyons les filles, ne vous laissez pas abattre par le désespoir, leur dit le nouveau commandant des Ombres. A partir de ce moment je vous demanderai de ne pas donner à Zylnyel la moindre raison de se méfier d'aucun de nous. Je suis d'autre part certain que ce château cache un mystère et je compte bien découvrir lequel !

 

   - Quel mystère, demanda Lothaire ?

 

   - Tu sais que les caves du château nous sont interdites, même à moi. Une grande porte de chêne empêche de se rendre dans les endroits les plus profonds. Je le sais car je m'y suis un jour rendu et j'ai constaté que l'accès n'en était pas possible. La reine m'a vu remonter les escaliers et elle m'a reproché ma curiosité en me disant que cet endroit nous était formellement interdit. J'avais cependant eu le temps d'entendre, provenant de l'autre côté de cette porte, de lointains bruits étranges qui ressemblaient à l'action d'une machinerie quelconque. J'ai aussitôt pensé qu'il était possible que là-bas se trouvait le mystère du déplacement de ce château dans l'espace. Et puisque cet endroit est protégé par une porte, il doit bien exister une clé pour l'ouvrir... Zylnyel doit cacher cette clé quelque part et il me faut la trouver, là se trouve peut-être la solution à notre liberté !

 

   A l'entrée du soir, la reine entrait dans la chambre de Cédric pour prendre de ses nouvelles.

 

   - Je suis heureuse de voir que tu vas bien, dit la reine au jeune homme. Repose-toi encore convenablement cette nuit. Demain est le jour où la lune deviendra rouge et le château se posera à la frontière des Collines de Rochebrune. J'attends la visite du sorcier Arethos et je voudrais que tu sois à mes côtés pour le recevoir ! Nous en profiterons également pour essayer ton nouveau pouvoir de communication avec mes Ombres.

 

   Sortant lentement de son lit en essayant quelques pas, Cédric dû finalement s'asseoir sur une chaise. Lentement, il leva la tête vers la reine et demanda :

 

   - Dis-moi Zylnyel, ce pouvoir m'est-il octroyé à vie où vais-je le perdre à l'un ou l'autre moment ?

 

   En souriant, le reine répondit :

 

   - Tu posséderas ce pouvoir tant que tu te trouveras physiquement dans le pays d'Ombrie, mais comme je sais que tu ne puisses en sortir en dehors de la volonté du duc de Roncenoir, je pense, en effet, que ce pouvoir t'est désormais octroyé à vie !

 

   Sans relever les paroles ironiques de la reine des Ombres, Cédric, s'adressant à Alienor, lui dit :



   - Petite soeur, me laisseras-tu donc mourir de faim ? Cette expérience m'a donné une faim de loup et mon estomac me semble plus léger qu'une plume de corbeau...

 

   Souhaitant une bonne nuit au jeune homme, Zylnyel se dirigea vers la porte et, avant de quitter la chambre, se retourna et dit :

 

   - Laissez votre frère se reposer après dîner et regagnez ensuite vos chambres. Je vais en faire de même car demain sera un jour très important pour moi.

 

   Le lendemain, après quelques essais dirigés par la reine et qui furent nécessaires pour que le jeune homme puisse maîtriser ce nouveau type d'expression, Cédric fut tout étonné de constater qu'il pouvait communiquer avec les Ombres résidant au château et ce, uniquement par la force de la pensée. 

 

   Un peu après dix-huit heures, le sorcier Arethos faisait son apparition dans l'appartement de Zylnyel qui conversait avec le frère de Bertrand. Le sorcier sortit une petite urne de son sac et la remit à la reine qui s'en saisit avec un large sourire.

 

   - Je t'apporte des cendres de mon frère comme tu me l'as demandé, dit Arethos. Je me demande si tu sais réellement dans quoi tu t'engages à vouloir le ressusciter ?

 

   - Ne t'inquiètes pas de cela, répondit Zylnyel, je m'en remets entièrement au dieu Baal pour m'assister dans cette grande expérience !

 

   - Je t'apporte également une nouvelle, dit le sorcier à la nécromancienne. Norbert de Roncenoir va sans doute bientôt se marier. Tu as raté une occasion de devenir une personne très importante en le quittant aussi vite !

 

   - Je n'ai pas besoin d'être la compagne d'un soit-disant roi pour être moi-même très puissante, sorcier, et tu devrais le savoir !

 

   Ignorant la réponse de la reine, Arethos jeta un coup d'oeil en direction de Cédric et dit à celle-ci :

 

   - Et celui-ci ? Que fait-il à tes côtés, tu en as fait ton favori sans doute ?

 

   Avec véhémence, Zylnyel répondit :

 

   - Je suis seule maître dans mon propre château et n'ai de compte à rendre à personne. Pour ta gouverne, sache que ce jeune homme est désormais le commandant de mon armée des Ombres car il est très intelligent mais aussi docile, j'ai toute confiance en lui.

 

   - Je pense que cette nouvelle ne rendrait pas le duc de Roncenoir très heureux car comme tu le sais déjà, il tient à ce que ces jeunes gens ne puissent s'échapper d'ici et tu pourrais subir son courroux si cela devait arriver !

 

   Toisant Arethos du regard, Cédric lui répondit :

 

   - Occupe-toi de tes affaires sorcier, cours dire à ton maître ce que tu as entendu ici !

 

   Arethos se mit à rire et dit en regardant Zylnyel :

 

   - Oh oh ! Le jeune coq a affûté ses ergots... Et bien tu vas avoir l'occasion de montrer ce que tu vaux mon garçon car des mouvements de troupes se font entendre à la frontière Ouest de l'Ombrie !

 

   - Que veux-tu dire, demanda Zylnyel inquiète, d'où sors-tu cette information ?!

 

   - Il semblerait qu'Ishtouk, le roi des Gobelins désire venir te présenter ses hommages, belle reine, seulement il est accompagné de la moitié de son armée, soit cinq mille guerriers au total. 

 

   Un silence de plomb, accueillit ces paroles. Bientôt, Arethos compléta cette nouvelle :

 

   Et, paraît-il, ils sont entourés de nombreux trolls...

 

*   *   *



   Les guerriers Maleel-aels à qui Roswyn avait fait des gestes désespérés afin d'attirer leur attention s'étaient chargés de reconduire Elwyn dans son village de la Forêt des Blanpeaux.

 

   La blessure du jeune Elfe était sérieuse et il fallut toutes les connaissances et l'immense attention de sa mère Ellawen afin de le mettre hors de danger. Pendant plusieurs nuits, Roswyn avait veillé son ami et maintenant la jeune fille ressentait une immense fatigue. Tous les événements qui s'étaient passés depuis son départ pour les Landes Sombres avaient petit-à-petit entamés sa résistance physique de sorte que la druidesse et même Aethelwyn s'inquiétaient aussi de son état actuel. C'est ainsi que la jeune femme dû également s'aliter pendant quelque temps, le druide lui-même veillant sur ses deux protégés.

 

   - Ni toi ni Elwyn ne pourrez continuer votre quête dans cet état, lui avait dit Ellawen, vous avez besoin de repos pendant un certain moment et resterez ici le temps que vous vous rétablissiez. La déesse elle-même voit votre situation et ne s'offusquera pas de ce contretemps. Je m'inquiète seulement de la raison pour laquelle Ellen fait peser sur vous autant d'épreuves, Malalléel a pourtant assuré à Aethelwyn que vos offrandes avaient plu à la déesse et que celle-ci vous avait rendu sa confiance. Ma pauvre Roswyn, j'ai bien peur que toute cette histoire de prophétie soit un bien lourd fardeau pour tes jeunes épaules, et ce, même si mon fils Elwyn marche toujours à tes côtés pour t'apporter son aide. Sans doute deviendras-tu un jour la souveraine légitime d'Ethyria et de Meruvia tout entier mais les embûches que les dieux mettent sur ta route semblent s'accumuler et c'est pourquoi tu dois être toujours plus forte et garder confiance en Ellen malgré tout ce qui arrive.

 

   - Tu es comme une mère pour moi et sois mille fois bénie, répondit Roswyn, tu m'as déjà beaucoup aidée jusqu'à présent et je t'en remercie. Sache que si ma santé a quelque peu diminué physiquement pour l'instant, mon pèlerinage à Ismen-nethor a grandement apaisé mon esprit. Maintenant qu'Elwyn est hors de danger, j'aimerais, quand je me sentirai la force de voyager, d'aller me reposer chez Manon à Ixos, si tu n'y vois pas d'inconvénient ?

 

   D'un air paternel, Aethelwyn dit à la jeune femme :

 

   - Pouvons-nous refuser ce que tu demandes ? Non, bien entendu. Je te demanderai seulement d'agir avec prudence et de rester encore quelques jours de plus ici à reprendre des forces, et par la suite tu pourras voyager.

 

   - Merci à tous les deux, vous êtes bien plus que des amis pour moi. Je ne sais pas comment je pourrai un jour vous remercier !

 

   - Ne parles pas de cela, lui répondit Ellawen. Les bijoux que tu rapporteras à la déesse seront pour nous la plus grande des récompenses que tu pourrais nous offrir, nous n'en attendrons rien de plus.

 

   - S'approchant de Roswyn, le vieux druide lui demanda :

 

   - Dis-moi jeune fille, savez vous qui étaient vos agresseurs ? Avez-vous reconnu leurs vêtements, étaient-ce des Humains où des Elfes ?

 

   - Ils étaient assez loin de nous et cachés par des bosquets. Il m'a cependant semblé entendre quelques mots en langue elfique, répondit Roswyn. En tout cas, si c'étaient des Elfes, ils ne pouvaient pas être Maleel-aels, puisque un groupe de cette tribu nous a porté secours.

 

   - Effectivement, dit le druide, nous savons aussi tous que les Tes-elwens ne croient pas en la Prophétie et je me demande jusqu'où ils seraient prêts à aller afin de prouver leur conviction ? Peut-être leur grand-druide Thyriel pourra-t-il me faire l'une où l'autre confidence lors du grand rassemblement annuel des druides à Ismen-nethor, mais j'en doute !

 

   Pendant que cette conversation amicale se déroulait chez Ellawen, il en allait tout autrement dans le village des Tes-elwens où Wyglen et sa soeur Cylin, subissaient des remontrances de première importance. A l'intérieur de sa demeure, Themwyel, le père des jeunes gens faisait les cent pas en tout en tournant autour d'eux en vociférant :

 

   - Ratés... Vous les avez ratés... Ah, vous pouviez bien vous vanter d'être capables de vous occuper personnellement du sort de l'humaine et de son compagnon elfe. Ils s'en sont sortis vivants et vous me dites que seul Elwyn a été blessé ?! Comment vous faire encore confiance, désormais ? Vous êtes deux bons-à-rien !

 

   Le conseiller Hethwyn, ami de Themwyel dû intervenir :

 

   - Calme-toi Themwyel, si tes enfants ont raté cette première occasion, la suivante sera la bonne. Irriël ici présent se chargera de nous faire connaître le moment où l'humaine et le fils d'Ellawen reprendront leur quête, n'es-ce pas ambassadeur ?

 

   - C'est exact. Les contacts que je possède dans les deux autres tribus blampeaux me rapportent tout ce qui se passe dans la grande forêt.

 

   Le grand-druide Thyriel, qui jusqu'à présent écoutait sans rien dire, prit alors la parole :

 

   - Maintenant, ils se méfieront ! Je pense que la seconde tentative ne sera pas moins aisée que la première. Il faudra redoubler de ruse.

 

   Un peu honteux, Wyglen s'écria néanmoins :

 

   - Nous serons là partout où ils se trouveront jusqu'à ce qu'il soient couchés sur le sol baignant dans leur sang, je le jure par Ellen !

 

   Au même moment, un marchand ambulant, transportant une quantité d'objets des plus plus hétéroclites, faisait son entrée dans la village des Sedes-odaï.